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© CRHN

« Le paysage est une oeuvre. Création des hommes, il s’analyse comme l’expression visuelle des systèmes de production de l’agriculture et de l’élevage au sein de sociétés paysannes. Il s’agit aussi d’une oeuvre d’artistes anonymes, le peuple de la terre, qui intègre cette fonctionnalité autant qu’elle la dépasse comme peuvent le faire une oeuvre d’art, un poème, un texte, un tableau ou une composition musicale. L’oeuvre est considérable. En Normandie, elle s’étend sur quelques trois millions d’hectares, trois millions de petits carrés de 100 mètres sur 100, l’un jamais semblable aux autres dans ses formes, sa végétation, ses couleurs, son peuplement. La diversité, la fantaisie y sont de règle, de manière absolue. Et cette variété échappe à toute confusion. Une harmonie s’en dégage. L’assemblage des parcelles, des haies, des bois, des prairies, des maisons n’est jamais le même, des dominantes s’imposent, des sortes de modèles ou de systèmes à la fois productifs et esthétiques. L’oeuvre, dans ses profondeurs historiques, peu à peu élucidées, a été écrite, corrigée et réécrite sur le temps long de plusieurs millénaires.....»« ...Ainsi que tout autre, l’oeuvre est singulière. Il ne peut y avoir deux fois la Normandie de par le monde, de même que jamais n’existeront deux fois Proust, Maupassant ou la Chanson de Roland. La Normandie le doit à ses reliefs modérés, à ses temps océaniques, à ses hommes modelés par la terre et les bêtes autant qu’ils les ont eux-mêmes façonnées et domestiquées, à ses paysages entre bocages et plaines, entre le bois, l’étable et le froment.»

Armand Frémont,

Normandie sensible éditions Cercle d’Art, 2009